Assis côte à côte au bord du lac, nous laissions le temps s’étirer comme une pâte à crêpe trop fine.
Le vent soufflait doucement, soulevant par instants une mèche de cheveux, une nappe légère, ou l’écume discrète qui venait mourir sur les pierres.
Dans nos mains, des crêpes encore tièdes, parfumées de sucre et de beurre fondu.
Elles avaient ce goût simple et tendre des choses faites sans hâte, juste pour le plaisir de partager.
À côté, une bouteille de champagne reposait dans un seau improvisé, refroidie par l’air vif du soir.
Chaque gorgée pétillait comme un éclat de rire, comme une promesse légère portée par le vent.
Le lac, lui, restait calme, miroir d’argent où se reflétaient nos silhouettes rapprochées.
On ne parlait presque pas.
On écoutait le vent, le clapotis de l’eau, et le silence confortable de deux personnes qui n’ont plus besoin de mots.
Et dans ce moment suspendu, entre une crêpe sucrée et une bulle de champagne, on avait l’impression que le monde entier respirait avec nous.